Présentation
Une paire de talons hauts, une manière de s’allonger au sol, des effluves de Queen, la voix de Joséphine Baker. L’hommage dansé d’Emmanuel Eggermont à Raimund Hoghe, son maître et alter ego disparu en 2021, est constellé de petits clins d’œil aux œuvres traversées ensemble pendant quinze ans. Loin de l’entre-soi, ce solo ravive autant l’esprit de Raimund Hoghe qu’il affirme l’élégance malicieuse d’Emmanuel Eggermont et sa grammaire gestuelle si précise. Mains pointées, coudes saillants, goût du costume, déplacements solennels, le chorégraphe navigue en une constellation de tableaux, glissant d’une humeur à l’autre, des virevoltes de Gene Kelly à un voguing déluré. Un vent de poésie souffle constamment sur cette élégie pétrie d’amour, belle à pleurer.