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Chers amis,
Le 29 juin dernier, dans la presse quotidienne poitevine, sont parus deux articles relatant les propos de M. Braconnier, leader de l’opposition municipale, tenus à l’occasion du Conseil Municipal du 28 juin 2010. Un de ces articles titre en gros : « Le TAP est un bateau ivre selon M. Stéphane Braconnier ». Les deux articles annoncent de plus un déficit de 300 000 € pour l’association alors que les comptes 2009 sont très largement bénéficiaires. Avant de publier cette information complètement fantaisiste, aucun des deux journaux ne nous a contactés pour que nous puissions rétablir la vérité sur les chiffres attestés par le Commissaire aux Comptes. Après la parution, nous n’avons pas non plus été sollicités pour donner notre point de vue. Déjà, le 16 décembre 2009, la presse s’était faite l’écho d’un Conseil Municipal où M. Braconnier plaidait : « pour une réduction drastique du déficit de l’exploitation ». Nous avons le jour suivant envoyé un communiqué de presse pour répondre à ce qui était déjà une annonce infondée. Seule, une petite partie du communiqué a été reprise par le journal concerné. C’est pourquoi, devant cette récidive encore plus grave de M. Braconnier, relayée à nouveau par la presse sans que nous ayons été interrogés à ce sujet, il a été décidé de faire appel à la loi pour obtenir un droit de réponse qui soit publié dans son intégralité. A ce jour, nous n’avons pas reçu de réponse à notre lettre recommandée du 16 juillet. Dans cette situation, nous avons pensé qu’il était nécessaire d’informer l’ensemble du public et nos partenaires de toute sorte en faisant connaître le texte que nous avons transmis aux journaux.
Denis GARNIER Directeur Dominique DESHOULIERES Président
LES POITEVINS ONT DROIT À LA VÉRITÉ SUR LE TAP
Suite aux articles de Centre Presse et la Nouvelle République du 29 juin 2010, le Conseil d’Administration a donné pouvoir au Président de l’association du TAP pour faire valoir un droit de réponse auprès des deux quotidiens. Le CA a considéré qu’il fallait rectifier la teneur des articles qui contiennent de graves inexactitudes et des interprétations très tendancieuses du document de la Chambre Régionale des Comptes.
L’annonce d’un déficit qui n’existe pas ! Les citoyens ont le droit d’être vraiment informés. Nous sommes très choqués qu’un débat entre M. le Maire et M. Braconnier, à l’occasion du Conseil Municipal du 28, puisse aboutir à donner des informations sans rapport avec les faits en annonçant un déficit de résultat des comptes inexistant.
Ces allégations calomnieuses jettent tout autant le discrédit sur la compétence de la direction, le travail du personnel, du Conseil d’Administration et des Commissaires aux Comptes que sur la gestion du TAP, de 2005 à 2010.
La maîtrise des budgets : pas de manque de pilotage A qui peut-on faire croire que la Scène Nationale ne maîtrisait pas la « gouvernance de l’argent versé » par la Ville alors que le rapport de la chambre régionale indique des résultats d’exercices budgétaires, tous positifs : + 17 579 € en 2005, + 165 861 € en 2006 et + 203 977 € en 2007. Ces résultats ont permis des provisions pour affronter les difficultés prévisibles à l’ouverture du TAP.
Voilà pourquoi l’on cherche en vain dans le rapport une quelconque remarque qui justifierait, de la part de M. Braconnier, l’appellation de « bateau ivre » pour « manque de pilotage ».
« La maîtrise de la gouvernance » du TAP, ne dépend pas, comme semble croire M. Braconnier, de la seule responsabilité de la Ville mais d’une association de service public contrôlée par un Conseil d’Administration composé de 26 membres :
• 11 membres de droit : les tutelles financières : 3 : Etat dont le Préfet, 5 : Ville dont le Maire et l’adjointe, 2 : Région dont la Présidente, 1 : le Président du Département
• 15 membres : 10 membres associés (5 équipements de quartiers, 5 personnalités) et 5 représentants du public.
Avec une telle composition, ce serait à désespérer de la république s’il y avait un réel « manque de transparence et une grande confusion dans les comptes ! ».
Le rapport d’observations de la Chambre Régionale des Comptes Pour parler « de grande confusion dans les comptes », M. Braconnier fait allusion à de simples constats de faits qui ne font l’objet, dans la conclusion de la Chambre d’aucun commentaire ayant un caractère grave qui pourrait être interprété comme le signe « de relations financières non maîtrisées » de la part du TAP. Il s’agit là clairement pour nous d’interprétations malveillantes du texte de la Chambre. A propos de la conclusion du rapport, il est très étonnant que M. Braconnier, en déclarant : « Cela, c’est ce que dit la Scène Nationale ! », suggère que la direction de la Scène Nationale ait pu en quelque sorte tenir la main des magistrats ! Car, de 2005 à 2007, comme nous l’avons exposé à la Chambre Régionale, au cours d’un protocole très encadré d’échanges de documents et de dialogues, les problèmes liés notamment au report de l’ouverture du TAP ont été bien plus importants que ceux cités par Monsieur Braconnier. Nous y avons fait front à la satisfaction de notre Conseil d’Administration.
Nous pensons que cela mérite autre chose que la qualification infamante de « bateau ivre ».
C’est sûr, il n’y a pas de déficit au TAP ! Le résultat des comptes de l’exercice 2009 fait apparaître un résultat positif de + 177 296 €. Nous nous étions fixé cet objectif, car nous devions reconstituer le fonds de roulement mis à mal en 2008 par les surcoûts techniques des spectacles dans un bâtiment qui n’était pas prêt. Depuis le 15 juin, le résultat 2009 était connu du CA donc des élus, et il a été approuvé à l’unanimité des présents le 30 juin. La gestion du TAP Cinéma est intégrée aux comptes de l’établissement, il est donc totalement erroné d’employer le mot « déficit » à propos de la gestion de notre association et y compris pour le TAP Cinéma.
Une subvention pour le TAP Cinéma, pas un déficit, ne pas confondre ! Dès le lendemain de la parution des articles, Monsieur Claeys a informé la direction que ce n’était pas le budget général du TAP dont il voulait parler, mais du TAP cinéma.
Une rectification a été faite dans la presse. Malheureusement, le terme de « déficit », à nouveau employé, n’est pas adéquat car il est couramment synonyme de déséquilibre des comptes et signe de mauvaise gestion.
Le terme qui convient pour traduire plus exactement ce dont il est question, c’est « besoin de subvention ». Et là, comme on dit, ce n’est pas un scoop ! Depuis toujours, le cinéma d’art et d’essai de l’association a besoin de subventions pour exister et c’est une part des subventions du TAP qui lui est consacré.
Une subvention comparable aux autres salles de cinéma mono-écran et art et essai de France. Contrairement à ce qu’on peut croire si l’on s’en tient au contenu des articles, cela n’est en rien dû à une mauvaise gestion ou à trop de personnel : dans le trio du peloton de tête des cinémas mono-écrans de France, nos deux collègues vivent grâce à des subventions du même ordre, 267 000 € de la Ville pour le Trianon à Romain Ville (8 salariés), 213 000 € de la ville pour Le Select à Antony (9 salariés). Avec 9 salariés, le TAP cinéma réalise plus de 60.000 entrées annuelles ce qui le classe à la 2ème place des mono-écrans en France.
Oui, il faut que ça cesse ! Aujourd’hui, on nous dit 300 000 € de subventions, il faut que ça cesse ! La confusion est à son comble, quand on sait que depuis 2002, la Scène Nationale est porteuse d’un projet de multisalle pour réduire ce besoin de financement. Nous sommes donc les premiers à avoir dit « il faut que ça cesse » car nous savons depuis longtemps que les multisalles permettent de rentabiliser l’exploitation.
Nous soumettrons prochainement à la Ville de Poitiers le projet que nous défendons aujourd’hui.
Pourquoi taper sur le TAP ? Le TAP serait-il l’équipement qui coûte le plus cher à la Ville de Poitiers ? La subvention de la Ville (2.29 M €) représente 35 % du total des produits du TAP (6.5 M € en 2010). Les autres tutelles financières (43%) et les recettes propres (22 %) constituent le reste des produits. Représentant 10.17 % de son budget culturel (22.5 M €), c’est sans conteste la plus faible part assurée par la Ville dans les équipements culturels que ce soit pour le secteur associatif (6.6 M€ de subventions) ou le secteur à gestion municipale directe (12M€ de charges pour 4 établissements municipaux).
Loin de minimiser la subvention de la Ville au TAP, il nous paraît indispensable de mettre ces chiffres en perspective pour lui donner sa juste place.
Le débat démocratique doit être documenté ; quand il ne l’est pas, le jugement se fonde sur des a priori qui peuvent conduire à des erreurs de diagnostics, non seulement pour les décideurs que sont les élus mais aussi pour l’opinion publique qui dans ces conditions ne peut porter de jugement sur la politique menée, en connaissance de cause. Nous-mêmes, ne comprenant pas le but de ce dénigrement systématique, nous avons le sentiment d’être la cible du dicton populaire : « quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage ». A moins qu’il ne s’agisse « d’une volonté d’être dans le vent » de l’époque, en stigmatisant la culture et, plus particulièrement, la création artistique novatrice, voir à ce sujet l’éditorial de la saison 2010-11 (en ligne sur le site du TAP).
Comme le philosophe G. Thibon, nous pensons qu’« être dans le vent est une ambition de feuille morte ».
P.S. : la réalité en chiffres : bilan de la saison 2009-10 par rapport à la saison 2007-08, avant ouverture du TAP : Recettes billetterie : + 89.2 %, Possesseurs de carte TAP saison 2009-10 : 8 035 : (+ 58.0 %) dont abonnés aux spectacles : 3 806.
Vous pouvez télécharger ici les articles de presse mentionnés
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